Errekaidorra Iratiko Bihotzean Au coeur d'Iraty 2/2

Errekaidorra Iratiko Bihotzean Au coeur d'Iraty 2/2 

Retour à las Casas de Irati  pour examiner la 2eme partie du Sentier d'interprétation Errekaidorra  d'Iraty.
Lors de la 1ere partie, nous avions avec les enfants fait un aller-retour depuis Paxula. Cette fois-ci , nous entamons la 2eme partie.
 Sur le site de las Casas de Iraty, nous retrouvons notre panneau de Bienvenu , identique à celui de Paxula , hormis le lieu de départ.





Bienvenue sur le sentier transfrontalier d'Errekaidorra à lraty. Ce sentier est le reflet de notre projet commun et la passerelle qui permet de traverser le ruisseau d`Errekaidorra symbolise les liens qui se tissent entre nos vallées depuis des
générations,

lraty était hier encore un lieu de vie intense basé sur l'utilisation des ressources forestières : le bois d'abord pour produire mâts et meubles, pour alimenter verrerie et autres fabriques, pour chauffer les habitations , les fruits de la forêt pour les troupeaux de brebis qui peuplent nos vallées depuis le néolithique et dont l'élevage,
l'une des premières ressources économiques a animé les premiers échanges transfrontaliers au travers des faceries. 

lraty c'est un espace géré par l'homme, lieu de mythes et légendes et qui abrite une diversité floristique et faunistique exceptionnelle. Vous découvrirez toutes ces activités qui continuent de faire battre le coeur d' Iraty aujourd'hui en parcourant le sentier d'interprètation d`Errekaidorra , ponctué de placettes  de musée à ciel  ouvert,

Iraty. un espace commun que les « Juntas de valles » de Salazar et d'Aezkoa, et les Commissions Syndicales de Soule et de Cize gèrent et développent aujourd'hui. Ce sentier transfrontalier est le fruit du projet mené conjointement par la Junta de Salazar et le Syndicat de Soule. Nous vous invitons à pénétrer  dans ce lieu caché, peu connu mais plein de vie: Iraty.

Distance totale 9830m
Déniveléé en montée ; 390 m
Durée de parcours : 2h30'
Durée pour aller aux casas de Irati :1 h

Nous voici reparti du lieu de piquenique. Nous remontons le parking, puis l'aire de Paseos a  caballos ( promenades à cheval) . Et bientôt nous arrivons au pupitre sur la faune en Iraty.




Irati la faune

La bonne conservation du bois se traduit par la présence d'une communauté complexe d'invertébrés et vertébrés qui vivent en interrelations.

La présence d'arbres morts fait le bonheur des insectes xylophages qui y prolifèrent. C'est le cas de la Rosalie des Alpes  ou de la Lucane cerf-volant dont les larves vivent cachées dans les troncs et servent d'aliments à une grande diversité d'oiseaux forestiers. Pendant que le Pic Noir ( Dryocopus martius) commun  en ces lieux trahit sa présence par ses tambourinages stridents, le Pic à dos blanc n'est représenté que par quelques couples qui constituent un noyau de reproduction isolé à l'extrême sud ouest de son aire de répartition mondiale.

Iraty héberge une bonne représentation des mammifères forestiers, comme le Sanglier (Sus scrofa), le Cerf, une multitude d'espèce de chauves-souris, mais aussi le minuscule mais typique Campagnol roussâtre et la Martre, un petit prédateur de la famille des mustélidés.

La qualité des ruisseaux et rivières s'apprécie du fait de la présence de l'étrange Desman des Pyrénées, sorte de petut rat insectivore aquatique qui plonge pour capturer des larves sous les pierres du lit de la rivière. L'abondance en eau et l'humidité ambiante assure le développement d'amphibiens endémiques des Pyrénées comme la Grenouille et l'Euprocte des Pyrénées. Leurs larves se développent dans les eaux froides et cristallines de l'Errekaidorra, et une fois métamorphosées et devenues adultes, euproctes et grenouilles vivent dans le profond manteau de feuilles humides qui tapisse les bois d'Iraty.







Irati les rames

Durant plusieurs siècles, l'usage le plus apprécié des hêtres d'Iraty était la fabrication de rames. Il y a Quatre cent ans, les arsenaux de Barcelone se procuraient dans cette forêt les bois nécessaires à la fabrication des longues rames de galère, qui mesuraient plus de 12 mètres étaient tellement lourdes qu'il fallait trois ou quatre rameurs pour les manoeuvrer.

Lorsque l'âge d'or des galères méditerranéennes fut révolu, les fabricants d'avirons continuèrent à venir travailler dans ces forêts . Au fil des siècles, ils sélectionnèrent les hêtres les plus droits et sans noeud ni défaut pour élaborer chaque année les rames aux milliers de barques, chaloupes et autres types d'embarcations. De grands marchés se tenaient à Bayonne et San Sébastien où venait s'approvisionner une bonne partie de la côte atlantique.

En forêt, les artisans fabriquaient habituellement une ébauche d'aviron. Le but de ce procédé était de réduire le bois à transporter, d'abord à dos de mulets jusqu'au village le plus proche, puis en charrette jusqu'aux ports où se trouvaient des usines où avait lieu la tranformation finale.

Ici vous pouvez observer des modèles de différentes tailles d'ébauche , telles qu'elles sortaient de la forêt et  dans lesquelles on peut déjà reconnaitre les futures rames.





Irati la flore

La forêt d'Iraty avec ses 17000 hectares répartis sur deux versants est l'une des plus étendues d'Europe occidentale. Le Hêtre en est l'espèce dominante . Sur la moitié occidentale d'Iraty , cet arbre se développe sur des sols silicieux et est accompagné d'un cortège d'espèces acidophiles comme la Myrtille. Sur sa partie orientale , se sont des sols calcaires que l'on rencontre ou du flych comme c'est le cas autour du ruisseau Urbeltza , où apparaît le Sapin pectiné , formant ainsi un des plus beaux exemples d'hêtraie sapinière , dans la limite sud-occidentale de son aire de répartition . Cette forêt abrite d'autres espèces telles que l'If commun, et des plantes herbacées endémiques rares comme le Narcisse des poètes ou le Perce-neige.

La dominance du Hêtre est telle que l'Aulne glutineux (Alnus glutinosa) typique des bords de rivières , ne parvient à s'établir que sur peu de berges et rives. La présence de saules isolés comme le Saule drapé, entre les roches des berges est plus fréquente.

C'est une forêt gérée par l'homme et, contrairement aux idées reçues , cela semble permettre la prolifération d'une flore extrêmement riche , présente à tous ses stades de développement ( de la semence au végétal sénescent ). Une grande diversité de milieux en témoignent : des formations arborées ,en passant par des zones humides , différents types de pelouses dont des pâturages subalpins de Nard raide (Nardus stricta) , affleurements rocheux , landes à bruyères atlantiques en association avec la Myrtille et l'Ajonc de Le Gall( Ulex Galli) ou le Genêt occidental (Genista occidentalis). La forêt d'Iraty héberge une excellente représentation de l'exceptionnelle diversité floristique des Pyrénées Occidentales.






Irati le Site


Iraty se trouve à l'extrémité occidentale de la chaîne des Pyrénées . Les Pyrénées ont émergé du fond de l'océan il y a 80 millions d'années, suite à la collision des plaques ibérique et eurasiatique. Cette dernière s'introduisit sous la première , élevant les rochers à plus de 3000 m et formant un arc de montagnes allant du Languedoc français jusqu'à la Galice.

Iraty se compose d'une couche de roches sédimentaires des ères Secondaire et Tertiaire, insérées entre les affleurements datant de l'ère Primaire de la zone axiale et du massif des Aldudes.


La formation géologique la plus fréquente et caractéristique dans la région est le flysch. Il s'agit d'alternance de strates de grès ( plus durs) et de marnes (plus meubles et friables). Cette alternance est produite par le glissement des coulées de sédiments le long de l'ancien talus continental sous-marin. La force de la gravité séparait les dépôts à grain grossier - qui ont donné lieu , par tassement , aux strates de grés- de ceux à grain très fin - qui, suite à des tassements et précipitations, sont à l'origine des marnes.

L'exposition à l'érosion atmosphérique pendant les derniers millions d'années a sculpté un nouveau paysage au pied du mont Ori (2000m) , entre les sources des rivières Irati et Errobi.
Les fortes pluies qui arrosent cette région sont retenues et filtrées par la forêt , évitant ainsi l'érosion et laissant l'eau à la disposition des êtres vivants.
L'homme en tire aussi parti au moyen de barrages comme celui d'Irabia. Par conséquent, la forêt est indispensable et essentielle pour la vie et la conservation de la zone.

Plié durant les oppositions entre les plaques tectoniques puis soumis à l'érosion, le flysch affleure et est observable de nos jours dans toute la région.






Irati les mâts

Il y a 150 ans , les bateaux étaient entièrement construits en bois. Durant des siècles, l'Iraty a fourni des mâts aux chantiers navals de Cartagène. Cadiz et , dans une moindre mesure , de la Rochelle. De grands sapins, comme celui-ci , étaient nécessaires à la fabrication des mâts  qui supportaient les voiles des grands galions des XVIIeme et XVIIIeme siècles.

Les sapins étaient sélectionnés de façon à produire de longs troncs de gros diamètre d'un bois résistant. Malheureusement, les hêtraies-sapins poussent en montagne, dans des régions peu accessibles et éloignées de la mer, ce qui faisait des mâts les pièces les plus chères et les plus difficiles à obtenir.Afin d'en faciliter l'exploitation , les états firent de grands investissements dans ces forêts. Ainsi en 1780, la Marine  espagnole entrepris la construction d'un grand complexe d'ateliers, entrepôts, scieries, écluses , etc ... Les restes de cet ensemble sont aujourd'hui plus connus comme les "Casas de Irati".

Les sapins d'Iraty peuvent atteindre jusqu'à 40 m de hauteur pour leur manipulation et leur transport par la rivière était impossible . le plus souvent des sections d'une vingtaine  de mètres étaient préparées en forêts où elles étaient sélectionnées et marquées par un officier de la marine , découpées et trainées jusqu'aux berges de la rivière à l'aide de cordes et d'animaux. Enfin, elles étaient écorcées et grossièrement façonnées pour en réduire le poids et faciliter leur transport par le fleuve.

Cette même technique fut également utilisée pour le transport de grandes poutres employées dans la construction d'églises ou de palais . Dans ces cas, le transport n'était pas aussi long: les bois étaient flottés jusqu'à Aoiz, Caparroso ou Tudela , d'où ils finissaient leur voyage en chariots . Ce type de transport était tellement coûteux que l'utilisation de ces bois en construction était un luxe que peu pouvaient se permettre.

NB: L'empreinte des travaux pour la construction de mâts peut également être découverte dans les forêts voisines d'Issaux et Pacq ( chemin de la mâture taillé dans la pierre)







Irati les écluses

Dès le moyen âge , et jusqu'en 1940, la rivière fut la principale porte de sortie pour les bois exploités dans la forêt d'Irati-Salazar. Le manque d'eau limitait cependant celui-ci à de courtes périodes  et réduisait également les possibilités en termes de quantité et dimensions des bois flottés. A la fin du XVIIIème siécle , les grandes exploitations de mâts motivèrent la construction d'un onéreux système de retenues afin d'augmenter la capacité de transport.

Ces retenues furent appelées "écluses" car elles permettaient d'augmenter temporairement le niveau de la rivière, créant ainsi une vague capable d'entrainer les troncs lorsqu'elles s'ouvraient . Au fil du temps, plusieurs systèmes furent construits et détruits en Iraty. En tout, il s'en construit une douzaine dont certaines fonctionnèrent sans interruption durant plus d'un siècle.

Les plus importantes , situées dans les cours d'eau principaux, furent construites en pierre, tandis que celles situées plus profondément dans la foret comme celle-ci étaient faites de bois et de fers. La structure en sapin et les planches de hêtres souffraient beaucoup des crues et du choc des bois flottés  et étaient continuellement en réparation. Avec le temps , leur conception fut perfectionné et celle -ci , dotée de renforts latéraux en pierre fut construite en 1889 et fut maintenue en activité presque jusqu'en 1940.

En son centre se trouvait une grande porte que l'on fermait avant chaque utilisation. Le responsable de l'écluse devait faire preuve d'un grand savoir faire pour savoir quand et comment lâcher l'eau et comment disposer les bois dans le lit de la rivière pour que ceux-ci aillent le plus loin possible sans causer de dégâts à l'écluse ou à celles situées en aval. D'autres travailleurs équipés de perches et de bâtons parcourraient les berges pour éviter que les bois ne s'échouent ou s'entravent.








Irati Charbon et  cendres

Le charbon , ainsi que le bois de feu furent durant des siècles les produits les plus recherchés en forêt: il s'agissait de la principale source d'énergie dont disposait nos sociétés. Les industries se situaient à proximité ou à l'intérieur des forêts , car leur transport était très cher.
Entre 1750 et 1850, le charbonnage eut une grande importance dans de nombreuses zones d'Iraty, afin de fournir les forges de Mendive , Larrau et Aezkoa, la fonderie de cuivre de Txangos et la fabrique d'armes d'Orbaitzeta.

Dans des zones comme celle-ci, éloignées de ces industries, le charbonnage fut assez rare, fait exceptionnel dans les hêtraies européennes. Entre 1824 et 1835, un produit très proche du charbon à tout de même été exploité dans ces parages: les cendres. Celles-ci étaient destinées à la fabrication de verre, dans la petite fabrique installée sur les berges de la rivière à proximité de l'actuel chalet Pedro.

Pour fabriquer le charbon, il fallait d'abord construire une charbonnière, constituée par les bois à transformer empilés selon un ordre précis et recouverts de terre.
Une fois la structure préparée, un feu était allumé à l'intérieur et le manque d'air permettait de contrôler la combustion  qui était donc très lente. De cette façon, toute l'eau du bois s'évaporait et celui-ci perdait une part considérable de son poids tout en conservant une grande partie de son énergie.

Pour la fabrication des cendres, le bois était entièrement brulé. Ce n'est pas l'énergie qui intéressait le fabricant, mais uniquement les substances chimiques (potasse) que contenait le bois. Il s'agissait cependant également d'opérations délicates, le vent ou la pluie pouvant emporter en quelques instants le fruit de plusieurs jours de travail.


et l'on termine ce très intéressant sentier d'interprétation au parking de Paxula.