Les sources de la NIVE

Les sources de la NIVE

Un des PR les plus fréquentés de la région de Saint Jean Pied de Port. Surtout en été car le site est rafraichissant.
Toutefois , pour beaucoup, nous avons là une énigmatique résurgence.
D'où viennent ces eaux abondantes ?
Dans le cadre de cette fiche , nous aborderons 3 points :
 - PR source de la source ( petite randonnée balisée figurant dans le topo guide local)
- les recos spéleos amonts à la source
- le réseau Béhia que les spéleos explorent dans le but évident d'établir la liaison avec la résurgence
Mais commençons par la randonnée.

  I  le PR sources de la Nive 

Qui n'a jamais regardé depuis le pont de St Jean Pied de Port les truites nageant dans la Nive, la Nive ou ERROBI  , Nive traversant St Jean Pied de Port et naissant à Estérençuby et en amont du bourg, au quartier de BEHEROBIE non loin du restaurant les Sources de la Nive.
Un sentier balisé y mène. 

Allons y faire un tour .

Descriptif
Se rendre à BEHEROBIE via St Jean Pied de Port, Saint- Michel, Estérençuby et 4 kms en amont BEHEROBIE.  D' Estérençuby à Béhérobie, on ignorera coté gauche les montées à Phagalcette, à Iraty , et bien sûr, on ira prudemment car la route et étroite et les croisements difficiles.
Arrivés sur les lieux, franchir le petit pont et se garer à droite, dans la zone parking.

Du parking, revenir sur ses pas, retraverser le pont et prendre la petite route qui monte (panneau directionnel). Cette petite route est à présent plane, remonte en balcon le vallon.
Puis elle descend (intersection , à droite petit pont et accès à une ferme).
Nouvelle montée, on traverse un pré, suivie d'une descente vers une maison Antxilénéa. On passe sur sa gauche et on traverse le ruisseau d'Iparraguerréko. Suit une montée plus importante qui nous mène à une intersection. Prendre le chemin à droite où un semi-portillon (balise jaune) nous confirme que nous sommes sur le bon chemin.
Le chemin est plat, large (pas loin de 1m) . Faire attention aux rétrécissements dûs aux derniers éboulements (surtout avec les enfants).  Puis commence une descente.
On entre dans le creux du ravin , et bientôt on voit en face surgir la résurgence .
On aboutit au ruisseau d' Harpéa ( qui vient de gauche).

La vue des sources peut être suffisante pour ceux qui s'arrêtent là.
Ceux qui veulent s'approcher devront traverser le ruisseau d'Harpéa, et se faufiler entre gros blocs et flaques d'eau pour s'approcher de la source proprement dite.
Tous le secteur amont de la source est encombré de gros blocs malaisés à traverser, et n'amène rien de plus au touriste. Rester prudent.

Le retour se fait par le même chemin, en sens inverse.
Donc montée chemin large, traversée des zones rétrécies, piste forestière, maison Antxilénéa, traversée du pré (agréable et belle vue) , passage près de la ferme et petite route jusqu'au parking.

Données de la randonnée 2,8 kms AR  D+90m  0h55 mn AR
Une trace est récupérable sur le lien  http://www.visugpx.com/AlSZMOzmRJ
ou sur le lien http://fr.wikiloc.com/wikiloc/view.do?id=11771902

Une illustration en photo de la randonnée ( phots d'été mélangée avec des photos récentes)












  II  la résurgence de la Nive 

Qui dit résurgence , dit forcément réseau souterrain de la Nive.
Et un réseau souterrain devient un terrain de jeu des spéléologues dès lors qu'on peut y accéder.
Les spéléologues se sont intéressés à cette résurgence , et ont remarqué qu"il existait des entrées possibles pour remonter ce réseau souterrain. (ne me demandez pas où, je n'ai pas encore la photo).
C'est ainsi qu'ils ont pû remonter 3 petits lacs en amont de la résurgence et ont établi un schéma de cette dernière.
Sur internet, j'ai pû retrouver un compte-rendu d'une exploration de cette résurgence et vous la livre telle quelle.
source --> sur site strates.canalblog.com en 2015/05

 15 mai 2015
Grotte des Sources de la Nive

J'ai prévu cette sortie afin d'aller repérer la cavité en vue de l'entrainement secours que nous organisons chaque année.J'ai pensé venir ici en raison du côté inhabituel du lieu,mais je n'ai pas encore eu l'occasion de visiter cette résurgence,je me demande bien pourquoi.
Serge et Laurent viennent nous dire bonjour au local,les deux ne pouvant venir nous accompagner.J'écoute avec attention les conseils de Serge qui nous guide pour l'itinéraire.

Nous arrivons rapidement au parking des Sources,le temps est gris et bouché mais le niveau d'eau de la Nive est bas.Nous devrions être tranquille pour la visite.
Iban et Stéphane optent pour la néoprène,moi pour la ponto et Robert pour........rien sinon un ciré. Espèrons que l'eau ne sera pas trop fraîche !

Suivant les indications de Serge,nous partons à droite après être rentrés dans la grotte.Il faut monter pratiquement jusqu'en haut de la salle. Je farfouille deux secondes et je trouve la lucarne qu'il faut franchir. Les deux broches posées par Alexis sont bien là.

Iban installe la corde mais elle me semble bien courte. Stéphane m'avait pourtant assuré qu'il avait pris une 19 m. Après vérification au retour, il s'agit d'une 9 m.Attention à ne pas se tromper de chiffre sur la corde !
Mais finalement, Iban ruse et nous pouvons descendre au bas de la pente.

Le premier lac apparaît.Nous passons sur la droite avec de l'eau jusqu'à la taille. C'est super la ponto !
Grâce à Robert,nous pouvons savoir si l'eau est fraîche ou pas. Il ne se noie pas donc ça doit être supportable.

Nous arrivons dans une grande salle, les plafonds sont hauts. La suite est en bas en suivant la rivière.

Nous atteignons maintenant un deuxième lac qui paraît bien profond.La suite est à droite il faut remonter un ressaut peu commode et redescendre de l'autre côté sur une pente de glaise. J'èspère que l'on pourra remonter !

Stéphane qui a une néoprène trouve un autre passage en nageant dans le lac.
Il faut maintenant remonter une pente d'une quinzaine de mètres complètement glaiseuse,une vraie patinoire !
Heureusement,une corde est en place et permet d'atteindre le haut de la salle. Les premiers qui ont mis cette corde en place ont dû rigoler un moment avant d'arriver en haut !

Nous nous arrêtons en haut de cette nouvelle salle en apercevant le troisième lac qui est derrière. Mais là,il faut un canot pour aller plus loin.

Au retour, nous montons dans les hauteurs de la grande salle faisant suite au deuxième lac pour trouver un itinéraire original pour la civière.Un puits d'une dizaine de mètres fera super bien l'affaire.
Retour tranquille en appréciant tous les aspects de cette superbe cavité. On va se régaler dans quinze jours !!

Iban,Stéphane,Robert,Philippe.
PS : Désolé pour le manque de photos,j'ai oublié l'appareil dans la voiture !

On peut aussi trouver sur leur site un compte -rendu plus ancien
source --> sur site strates.canalblog.com en 2012/06

19 juin 2012
Source de la Nive - Beherobiko ithurria


Vendredi 15 juin 2012 – source de la Nive
Alexis, Philippe L, Serge.

Retour aux sources, si j’ose dire, puisque pour ma part, c’est une des premières cavités dans laquelle je me suis aventuré sans y avoir été guidé par quelqu’un qui la connaissait déjà.
Donc nous voilà tous trois encombinés de néoprène, dès le matin, pour pénétrer dans l’entrée, juste au dessus de la résurgence.



Le niveau est normal. Nous abordons le lac d’abord, puis nous remontons pour chercher le passage qui shunte ce premier lac. Bien entendu, je les amène dans le plus pourri, la pente de glaise qui colle et qui glisse. On manque de se casser la gueule, mais ça passe. Bien entendu aussi, dès le premier coup d’œil en bas, on voit bien par où on aurait dû passer. Rhaaa, ce Serge !

On attaque l’actif, très chouette, puis on passe les 2 biefs, accrochés à la paroi, rive gauche, de l’eau au raz des coucougnettes qui commencent à baigner dans le jus glacé.

Au terminus du siphon 3, on cherche un peu le passage supérieur, pour accéder au lac terminal. Finalement, on le trouve, non sans se foutre minable de flotte (fraîche) et de boue (collante). On escalade l’accès au lac par une vieille corde dynamique en place qu’on remplace par une autre, encore plus vieille et nettement moins dynamique. On plante 2 spits, histoire de ne pas avoir trimballé le perfo pour rien. On récupère la vieille corde de 8 mm, on en fera des longes pour nos ennemis, si jamais y en a qui s’inscrivent au club. En furetant ici et là, on découvre une perle incrustée dans de la roche. On pense à une pépite d'or, on verra lors de l'analyse chez le bijoutier. Si ça se trouve, on vient de découvrir le plus riche gisement d'or sur terre. Oui, bon, sous terre, si vous voulez. Jugez plutôt :

On ressort de ce cloaque par une variante hors crue que nous dégotte Alexis, toujours en quête de voies nouvelles. Le bougre nous fait découvrir de bien beaux passages.

En sortant, Alexis en profite pour poser 2 broches qui serviront à sécuriser (y en a certes grandement besoin) la descente vers l’actif, et la remontée aussi, mais dans une moindre mesure.

Nous sortons, il est juste midi.
J’arriverai juste à temps pour ma réunion de 13 h 30 au boulot avec tout le staff et tous les chefs endimanchés.
J’avoue que je les écoute d’une oreille distraite parler de gain de productivité, cash flow et autre retour sur investissement. Dans mon cœur, je suis encore sous terre.
Serge

Je n'ai toujours pas trouvé de vidéo sur cette exploration, pas plus que d'autres photos et c'est un peu dommage . Qui sait , avec le temps .

Pour le moment, il semble que les spéléo n'aient pû remonter au delà du 3eme lac.
Et la question que l'on se pose , c'est d'où vient l'eau , existe-t-il un réseau souterrain d'alimentation ?

  III  Le réseau Béhia (Behiako Leiza) 

C'est qui est sûr, c'est que l'eau de la Nive provient , du moins en partie, des eaux collectées au dessus et au-dessus nous avons le massif calcaire d'Urkulu Mendilatz. Qui dit massif calcaire, dit forcément gouffres, grottes, pertes de ruisseaux, réseau souterrain.
Plusieurs secteurs dans ce massif calcaire, vers l'ouest  c'est le secteur d'Elhusaro où il y a plusieurs pertes de ruisseaux, puis la foret d'Orion avec au-dessus les secteurs d'Oyanbeltxa, Leizehandi, Minasarro, plus central c'est Ustarazu, Orgambidé, Idopil, et à coté Salvete et les pertes du Sayarre Mendilatz.

Tous ces secteurs abritent des pertes , des gouffres , et on peut imaginer qu'un vaste réseau souterrain relie tout cela , reste à prouver qu'il existe ( par des colorations par exemple), et encore mieux , à le découvrir.

C'est ainsi que tous les clubs spéléo se donnent pour objectif de visiter les gouffres et les réseaux qu'ils peuvent y trouver.
Et c'est ainsi qu'un gouffre au dessus d'Ustarazu, le Behiako Lezea  s'est révélé être une porte d'entrée d'un vaste réseau souterrain : le réseau Béhia.

Situation du Gouffre Béhiako Leiza

Coordonnées WGS84 (gps)  lon=-1.21273 lat=43.05882
Le gouffre Béhia, point d'entrée d'un vaste réseau souterrain qui alimenterait la résurgence de la Nive, se situe à environ 925m d'altitude, et pratiquement au dessus des sources de la Nive ( qui sont 350m environ). Ce qui donne un dénivelé descendant de 575m environ entre l'entrée du gouffre et la résurgence.
Il est facile de voir le départ du gouffre puisque situé à coté de la route d'accès d'Orgambidé.
( son accès est protégé par une clôture de barbelé).


 Et ce vaste réseau auquel ont accédé les spéléologues à permis à ces derniers de développer 11,5 kms de galerie, et un D- de 596m .
Le caractère très exceptionnel de ce réseau a poussé à la création d'un collectif qui oeuvre pour son développement. Un site internet a été monté afin de centraliser toutes les découvertes qui y sont faites. Les topos, des images, des videos ont été mises en ligne .
Pour se donner une idée de ce réseau souterrain, le mieux est de se connecter à ce site et de le parcourir.     réseau Béhia 

Et puisque n"étant pas spéléologue,  les images de ce réseau je ne les verrais jamais réellement, remercions ceux qui ont fait des photos et des videos qui nous montrent les beautés de ce réseau.

une vidéo de Rémi Bertrand Béhiako 1er novembre 2014
Merci à Rémi et à tous ceux qui font des vidéos

Les interactions entre les différents sites:
sur  article camp d'urkulu 2015on peut lire :
Pour appréhender le massif, Philippe nous embarque voir les pertes de Sayarre à la limite d'Urkulu et du Mendilaz, qui est la continuité du massif calcaire sur le versant navarrais. Suite aux pluies de l'avant-veille, l'eau coule pas mal et se perd dans la dizaine de pertes en suivant la limite de la forêt. Le SY 11, exploré actuellement par le club de Pampelune, les Satorrak (les Taupes en basque), a livré une rivière à - 300 m qui serait la rivière de la Hoya que nous retrouvons dans le Behiako Lezia, une coloration permettrait de prouver avec certitude cette hypothèse. Une rivière qui coule en méandres paisibles se perd intégralement dans la terre à moins de 50 m du SY 11.

 Dans la base Karsteau, concernant l'hydrologie du massif d'Urkulu, on peut lire :
"Les pertes qui sont présumées alimenter la Nive se trouvent tant en Espagne qu'en France. Des colorations effectuées par Ravier en 1959 auraient démontré les relations présumées entre les pertes espagnoles et les pertes françaises situées sur Ydopil (Espagne) et Elhursaro (France) et l'exurgence de la grotte des Sources de la Nive, relations qui avaient déjà été pressenties par E-A Martel lors des prospections et études qu'il avait mené sur le massif au début du siècle."

Dans un article de Gilles Parent ( Ziloko Gizonak, groupe spéléo de Bayonne) sur l'OR103 que l'on trouve sur le bulletin de Leize mendi n°10, on trouve ce passage
"Rappelons enfin que de la fluorescéine injectée dans un cours d’eau hypogé, à Elhursaro (extrême ouest du massif) était ressortie aux sources de la Nive.
Gilles Parent
"

Au fur et à mesure de mes trouvailles, cette partie sera enrichie.